Suivez-moi, pour découvrir au jour le jour ce qui bouge à Berlin. www.pierregirard.fr für ein paar Wörter auf deutsch / pou dé trwa mo an kréyòl / for some information in english

29 avril 2007

Le maire de Berlin soutient Ségolène Royal


Le maire de Berlin, Klaus Wowereit, et le chef de fraction du SPD berlinois, Michael Müller, ont appelé "les nombreuses électrices et les nombreux électeurs français vivant à Berlin à apporter leur voix à la candidate du parti socialiste, Ségolène Royal".
"Les 100 propositions de Ségolène Royal démontrent que les problèmes et les préoccupations des femmes et des hommes en France ne diffèrent au fond pas de ceux qu'ils ont en Allemagne", expliquent les deux personnalités du SPD.
Klaus Wowereit et Michael Müller saluent "la conception de Ségolène Royal qui place l'Homme au cœur de sa politique sociale. La possible première présidente de la France est soutenue dans cette voie, à l'intérieur et à l'extérieur de sa patrie. C'est pourquoi, dimanche, chaque voix compte pour Ségolène Royal".
Après Franz Müntefering (actuel vice-chancelier SPD) en mars, le soutien de Klaus Wowereit, l'un des préssentis pour porter la prochaine candidature SPD à la chancellerie, est un signe fort des partenaires allemands. Nicolas Sarkozy n'a officiellement reçu aucun soutien d'élus allemands.

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Initiales : NS

Un détail qui ne va pas beaucoup faire avancer le débat, mais comme le faisait remarquer Nadine dans un commentaire, Nicolas Sarkozy a choisi d'afficher un peu partout ses initiales : NS. A commencer par son site internet et ses vidéos qui portent toutes la mention NS TV. Pour les Allemands, les germanistes et tous ceux qui se sont penchés sur l'histoire de l'Allemagne, ces initiales sont lourdes de sens, puisqu'elles sont utilisées pour désigner une idéologie bien précise : le national-socialisme. En d'autres termes, le nazisme.

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26 avril 2007

Merkel a connu la "voie Royal"


Attaques misogynes, gaffes relevées inlassable-ment, doutes sur les aptitudes à gouverner... Le parcours de Ségolène Royal dans la campagne présidentielle française n'est pas sans rappeler aux Allemands une autre campagne, bien plus proche d'eux et pas si lointaine. En 2005, Angela Merkel, alors candidate de la CDU à la chancellerie, avait multiplié les bourdes pendant sa campagne. Les observateurs s'amusaient de ses maladresses et mettaient ouvertement en doute sa capacité à gouverner l'Allemagne.
Jusque dans la dernière ligne droite, avec le duel télévisé qui l'opposait à Gerhard Schröder, elle a fait l'objet des attaques les plus farfelues. Les observateurs s'intéressaient davantage à son image qu'à son programme et tendaient l'oreille pour relever, à tout instant, la nouvelle faute de langue ou de goût. Et pourtant, elle a résisté.
Après sa courte victoire sur le candidat SPD, elle s'est même brillamment illustrée par ses talents de conciliatrice d'une Grande coalition CDU/CSU/SPD. Aujourd'hui, personne ne remet en cause ses capacités. Même ses opposants se réjouissent de ses succès et de l'image moderne et dynamique qu'elle donne de l'Allemagne dans le monde.
Angela Merkel et Ségolène Royal ont certes des divergences. Ségolène Royal n'est certes pas encore élue. Mais la ressemblance de leurs parcours est troublante. Elle prouve combien il est difficile pour une femme d'échapper aux attaques primaires et asseoir sa crédibilité. Au-delà du changement apporté en Allemagne et proposé pour la France, Angela Merkel et Ségolène Royal ouvrent aussi la voie vers une véritable égalité entre femmes et hommes. Une égalité qui, en France et en Europe, serait un formidable moteur pour tous les progrès.

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Ségolène Royal sur l'Allemagne


Un sujet réalisé lors de son passage à Berlin. Elle s'était alors exprimée face aux Français, lors d'un meeting, et avait rencontré Franz Müntefering et la chancelière Angela Merkel, avec laquelle elle a souhaité relancer la dynamique qui existait entre François Mitterrand et Helmut Kohl.

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25 avril 2007

Sarko/Ségo : vu d'Allemagne


En Allemagne et sur l'internet allemand, le refus de Sarkozy est largement relayé. Un journal titre sa revue de presse "Allez Ségo", les blogueurs rêvent d'un couple franco-allemand féminin capable de relancer l'Europe. Les Allemands sont marqués par les positions hostiles de Nicolas Sarkozy à leur égard, répétées par le candidat de l'UMP à quatre reprises avant le premier tour. La vidéo continue à circuler sur les sites et par courriel. Alors que les journaux français ont plutôt mis l'accent sur l'avantage de Sarkozy, à l'issue du premier tour, les confrères allemands ont mis en avant Ségolène Royal —qualifiée pour la "finale", là où on redoutait encore la présence de Le Pen— et le taux historique de participation.

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24 avril 2007

Pourquoi je m'engage contre Nicolas Sarkozy

DEPUIS QUELQUES ANNEES, ET DE MANIÈRE PLUS INTENSIVE CES DERNIERS MOIS, JE ME SUIS ENGAGÉ CONTRE NICOLAS SARKOZY. Vous l'avez constaté entre les lignes de ce blog, ou de manière explicite pour ceux d'entre vous qui ont reçu un courrier de ma part ou participé à une discussion politique avec moi. J'ai choisi aujourd'hui de le dire clairement et d'en expliquer les raisons. Je milite pour que M. Sarkozy ne soit pas élu président, et je militerais contre lui s'il était élu à l'issue du scrutin du 6 mai.
EN M'ENGAGEANT, JE PRENDS UN RISQUE que je mesure. Personne n'attend d'un journaliste qu'il exprime ses opinions politiques, mais qu'il livre une information la plus complète possible et la plus neutre possible, à défaut de travailler pour un média d'opinion, ce qui n'est pas mon cas. Je prends donc le risque de porter à vie une étiquette. A mes yeux, ce risque n'est rien à côté du risque que prend la France d'élire Nicolas Sarkozy. Une élection qui aurait des conséquences terribles dans l'Hexagone et dans les territoires français, mais aussi en Europe et dans le monde. J'en ai l'intime conviction. Je dispose également, en ma qualité de journaliste, de quelques indices qui permettent de le démontrer.
JE NE M'ATTAQUE PAS AUX CITOYENS QUI VOTENT POUR L'UMP, MAIS À UN HOMME QUI MENACE NOTRE DÉMOCRATIE : NICOLAS SARKOZY. J'ai toujours respecté tous les citoyens et toutes les idées qui participent au débat démocratique. J'ai toujours écouté et relayé toutes ces idées, dans les médias pour lesquels j'ai travaillé, sans distinction de traitement. J'ai toujours dénoncé les atteintes à la démocratie et les abus de pouvoir, qu'ils soient l'œuvre d'un parti de la droite, du centre ou de la gauche. Pour ne citer que deux exemples, j'ai dénoncé, lors des dernières élections régionales, les manœuvres frauduleuses de certains responsables de partis de gauche. En 2005, j'ai révélé les détournements de fonds associatifs d'un personnage influent d'un parti de gauche. Ces informations, que certains assimilent à des attaques, ne sont pas dirigées contre un parti ou un courant. Mon combat est celui de l'information et de la démocratie.
LORS DE MA PREMIÈRE RENCONTRE AVEC NICOLAS SARKOZY, J'AI RÉALISÉ L'AMPLEUR DE SON AMBITION PERSONNELLE ET LE DANGER QU'IL REPRÉSENTAIT. Après le choc de 2002, j'avais un a priori positif de ce jeune ministre qui "osait" dire ce que tout le monde pensait tout bas. En juillet 2003, il a entrepris une première visite à Cayenne, où je travaillais alors, et a imposé sa version d'une visite ministérielle, bouleversant toutes les habitudes. Pas d'interview avant son arrivée (règle à laquelle tous se pliaient depuis toujours, afin qu'elle soit publiée dans le journal à l'arrivée du ministre) : "Mes déclarations, je les ferai aux Guyanais". Un grand rassemblement populaire (500 personnalités) à l'occasion de l'inauguration d'une piscine, un discours ambitieux, un public conquis. Il faisait figure du "sauveur de la Guyane", il allait faire ce qu'aucun n'avait réussi à faire depuis la départementalisation, pensait-on. Mieux : "Je reviendrai l'an prochain, pour m'assurer que tout a été réalisé". Un an plus tard, tout le monde avait oublié cette dernière promesse, mais se souvenait qu'il devait faire beaucoup. En réalité, il s'était contenté d'acheter des véhicules neufs pour la police et de durcir les mesures d'immigration (ce qui était déjà programmé avant sa venue). Pour le reste, rien. Il n'est jamais revenu constater les réalisations, contrairement à sa promesse. Les Guyanais l'ont attendu pendant trois ans, jusqu'à ce que la campagne présidentielle entre dans sa phase finale.
AVEC LES JOURNALISTES, NICOLAS SARKOZY EST SURDOUÉ, ET VEUT TOUT CONTRÔLER. Toujours en 2003, nous n'avons eu de contact direct avec lui que quelques minutes avant qu'il redécolle pour Paris, pour une conférence de presse dans les salons de l'aéroport. Il a déjoué toutes les "questions-pièges" que nous avions préparées, et trouvé les mots justes pour nous empêcher de réagir. Depuis, il a peaufiné sa technique, rencontré les rédactions, amadoué des journalistes (souvent haut placés). Je l'ai constaté encore, fin février, lors de sa visite à Berlin. Au lendemain du discours de Ségolène Royal à Villepinte, certains confrères parisiens qui suivaient son déplacement auraient pu être confondus avec son équipe de campagne, tant ils défendaient le projet de M. Sarkozy avec ferveur. C'est le candidat qui avait prévu où il parlerait et où il serait filmé. Les journalistes qui étaient autorisés à le suivre étaient munis d'un badge. Le même badge que celui porté par ceux qui ont suivi sa voiture dans Paris, le 22 avril au soir, après l'annonce des résultats du premier tour. Il contrôle son image. Et il la contrôle bien.
JE VOIS AUTOUR DE MOI COMMENT CERTAINS CONFRÈRES ET CERTAINES CONSŒURS SONT PRIÉS DE NE PAS LE CRITIQUER. J'ai la chance de n'avoir jamais été tenu par aucun parti, ni par aucune ligne politique, et je ne veux pas prendre le risque de l'être à l'avenir. Non pas pour moi, mais pour tous les citoyens, qui ont droit à une information libre et plurielle. Pour cela, pour les idées de Nicolas Sarkozy qui sont celles du contrôle des médias, du pouvoir personnel et de l'exclusion, je n'envisage pas de vivre cette campagne de manière passive. Sans informer sur cet enjeu crucial.
JE METTRAI TOUTES MES FORCES AU SERVICE DE L'INFORMATION, POUR QUE LES FRANÇAIS VOTENT EN CONNAISSANCE DE CAUSE ET N'ÉLISENT PAS NICOLAS SARKOZY. Car je suis convaincu que la France a besoin de se rassembler et de retrouver confiance en elle-même. Après 2002, j'imaginais que Nicolas Sarkozy pouvait être le candidat de ce changement. Après 2003, j'étais convaincu qu'il ne l'était pas. Aujourd'hui, j'ai peur que les Français soient trompés, qu'ils croient au mirage. La déception serait encore plus terrible. Sans doute irrémédiable. Je m'efforcerai d'informer. A cet effet, je répondrai à vos questions sur ce blog. Ceci à titre personnel, indépendamment des médias pour lesquels je travaille régulièrement. Il s'agit de mon devoir, en tant que journaliste et citoyen.

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23 avril 2007

Les Berlinois plus Royalistes...


Près de 30 000 Français sont officiellement immatriculés à Berlin, et 6 663 d'entre eux y sont inscrits sur les listes électorales. Si la participation était plus faible que dans l'Hexagone (le bureau de vote couvrant une zone géographique très large, certains électeurs vivant hors de la capitale ont sans doute été découragés par la distance), près de la moitié (49,45 %) a accompli son devoir civique. Pour Ségolène Royal (en photo lors de son meeting du 5 mars), c'est un véritable plébiscite, avec 48 % des suffrages. Elle est suivie par François Bayrou, avec 25 %. Nicolas Sarkozy est 32 points derrière, à 16 %. C'est Dominique Voynet qui décroche la quatrième position, dans une ville traditionnellement sensible aux arguments des Verts. Jean-Marie Le Pen n'arrive qu'à la septième place, avec 1,6 %. Au grand regret de l'UMP, qui prévoyait lors de son meeting du 31 mars qu'elle deviendrait "la première force française en Allemagne", Berlin confirme une nouvelle fois sa préférence pour la gauche. En 2002, les Français de Berlin s'étaient fortement mobilisés après le 1er tour pour "barrer la route" à Jean-Marie Le Pen et avaient organiser une grande manifestation dans la capitale allemande.

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18 avril 2007

Les Européens votent Ségolène

Comme un lecteur (Sebas) me le faisait remarquer il y a quelques jours, ce ne sont pas les Allemands qui votent pour le président français. Certes. Mais les Allemands, comme tous les Européens, seront nos partenaires à l'issue du scrutin. Mieux vaut donc entamer cette relation sur une base de confiance. L'avenir de l'Europe —qui doit se jouer largement dans les deux prochains mois, avant la fin de la présidence allemande de l'Union— et son moteur franco-allemand en dépendent largement.
C'est désormais très clair, malgré toute la prudence qu'il convient d'observer lorsqu'on se fie à un sondage : Les Européens souhaitent voir Ségolène Royal à la présidence de la République française. Un sondage de l'institut Harris, réalisé auprès de 5 526 personnes et publié par le Financial Times, révèlent que la majorité des Allemands, Italiens, Espagnols et Anglais ont une préférence pour Ségolène Royal. Lorsqu'on leur soumet la liste des douze candidats, 16 % d'entre eux choisissent la candidate socialiste comme "le meilleur président pour la France", contre 7 % qui optent pour Nicolas Sarkozy.
Cela confirme une tendance que j'avais remarquée à Berlin : Ségolène Royal inspire la confiance et la modernité, Nicolas Sarkozy effraye par ses allures de dictateur et de "diviseur". Quant à François Bayrou, il est purement inconnu, et personne n'y croit vraiment.

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17 avril 2007

L'exemple de l'Allemagne... Ah bon !?


Le symbole avait de quoi surprendre. En plein cœur de Berlin-Est, dans l'un des lieux embléma-tiques du régime communiste, le théâtre de la Volksbühne (le "théâtre du peuple") sur la Rosa-Luxemburg-Platz, et juste en face du siège berlinois de la Linke, le parti à gauche de la gauche SPD. C'est là que les militants berlinois de François Bayrou avaient choisi de faire leur premier meeting de soutien, hier soir, à six jours du premier tour de l'élection présidentielle française. Pour représenter le candidat UDF, qui "passe des journées entières à arpenter les campagnes" (sic), le sénateur des Hauts-de-Seine, Denis Badré, avait fait le déplacement pour s'exprimer devant une quarantaine de personnes —militants, intéressés ou indécis—, installées dans les confortables fauteuils du Grüner Salon. L'occasion rêvée, pour moi, de demander à M. Badré pourquoi son candidat n'avait pas pris la peine de rencontrer Mme Merkel pour préparer l'éventuel après-6 mai : "Par manque de temps", m'a-t-il assuré. "Justement parce qu'il passe des journées entières" et qu'il "prend le temps de rencontrer vraiment les Français".
Sa présence à Berlin était en tout cas l'occasion rêvée de développer l'argument principal de François Bayrou lorsqu'on l'interroge sur la façon dont il procéderait, s'il était élu, pour constituer un gouvernement : "Regardez l'exemple de l'Allemagne", a invité M. Badré. Ah bon !? Le système de coalition ne fonctionne pas si bien, dans un pays qui cultive pourtant, depuis des années, la culture du compromis. En pratique, c'est Mme Merkel qui est aux commandes de son équipe composée de l'Union CDU/CSU et du SPD. Pas plus tard qu'hier, le débat sur le salaire minimum, voulu par le SPD, a été quasi-balayé par la CDU de Merkel. Les élus du partenaire de gauche vont "s'y casser les dents", prédisent les observateurs. Une fois de plus, le compromis s'annonce difficile, voire... compromis. Cela n'empêche toutefois pas M. Bayrou de penser que les Français arriveraient à faire, en l'espace de quelques semaines, ce que les Allemands n'ont pas encore réussi à atteindre, en quelques années.

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16 avril 2007

Frühlingsgefühl, ou "voilà l'printemps"

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14 avril 2007

Combat des chefs


Alors que le suspense est à son comble, en France, quant au prochain président (J-8 avant le premier tour), la ville de Berlin s'apprête elle aussi à désigner son haut représentant. Car Tilo est mort. Tilo, c'est l'ours municipal, l'emblème officielle de la ville qui figure fièrement sur ses armes. La triste nouvelle fait la une des journaux, particulièrement les feuilles de chou, qui jouent à nouveau sur l'émotion. La question est terrible : Qui succèdera au bien aimé Tilo ? Le Berliner Kurier prend le pari risqué, mais vendeur, d'avancer le nom de Knut. A contre-courant de la tradition, qui veut que l'ours municipal soit un ours brun, le célèbre ours polaire du zoo de Berlin, nouveau chouchou des Berlinois, pourrait-il prendre le relais ? Ce serait une grande première. Mais une première porteuse d'espoir, souligne le quotidien. Un désir d'avenir en somme. Le suspense est à son comble. Ceux qui ont entre leurs mains le pouvoir de choisir oseront-ils le changement ?

Photo : Berliner Bärenfreunde

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12 avril 2007

Paris-Berlin n°22


Le numéro 22 du magazine franco-allemand est paru. Il arrivera ce week-end aux abonnés et sera disponible dès lundi en kiosque, en France et en Allemagne. Au sommaire : Diane Kruger, qui illustre le renouveau du cinéma allemand (déjà couronné par le succès de la Vie des Autres dans l'Hexagone) ; la campagne présidentielle française, qui bat son plein à Berlin ; un dossier sur les 18-28 ans, dont l'entrée dans la vie active tend à devenir un parcours du combattant, de part et d'autre du Rhin ; les chroniques et rubriques habituelles et les conseils pratiques pour mieux vivre en France et en Allemagne. Bonne lecture !

Pour connaître les points de vente proche de chez vous ou pour vous abonner : www.parisberlin.fr

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11 avril 2007

Puma franchit le Rhin


Il y a des marques qui, pour les Allemands, résonnent comme des fiertés nationales. Mercedes-Benz ou Audi, côté grosses caisses, Siemens ou Bayer, côté technologies et recherche. Grâce à l'insistance des Français, une autre est d'ailleurs susceptible d'entrer dans ce club très fermé : Kärcher (lire l'article précédent). Et côté fringues et sport, outre Lagerfeld, il y a Puma. Mais catastrophe, un groupe français, Pinault-Printemps-Redoute, s'empare de la marque tendance. Une fierté allemande qui passe dans le giron des Français : La nouvelle a presque pris, ces jours-ci, des airs d'affront. Mais la marque a martelé que le groupe PPR était un empire du luxe, possédant notamment Gucci. Une précision qui a manifestement aidé à faire passer la pilule. A croire que le fauve allemand se sent plutôt flatté de se retrouver parmi les sacs en croco français.

Pour le côté technique, rien n'est encore joué. PPR a acquis une participation de contrôle de Puma et lancé une OPA.

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09 avril 2007

Incidents diplomatiques


"Sans doute a-t-il fallu bien des crimes, des drames, des tragédies pour que du chaos des peuples émergeât la France. Mais au bout du compte nous avons tout lieu d’être fiers de notre pays, de son histoire, de ce qu’il a incarné, de ce qu’il incarne encore aux yeux du monde. Car la France n’a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n’a jamais exterminé un peuple. Elle n’a pas inventé la solution finale, elle n’a pas commis de crime contre l’humanité, ni de génocide."

Je ne vous raconte pas la tête de mes amis allemands lorsqu'ils entendent ce discours de Nicolas Sarkozy sur "la France éternelle", prononcé à Caen le 9 mars. Ni leur surprise lorsqu'ils découvrent que, non content de son premier exploit verbal, il a réitéré à Nice, le 30 mars : "La France n'a pas à rougir de son histoire, la France n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale." Si, si, c'est bien lui qui courtise Angela Merkel et qui est en bonne position pour devenir le futur président de la République française. Ils n'en reviennent pas.

Nicolas Sarkozy n'en est pas à son premier incident diplomatique avec l'Allemagne. Son intention d'utiliser le Kärcher pour "nettoyer" les banlieues françaises n'avaient pas laissé les Allemands indifférents, même s'ils n'avaient pas encore, à l'époque, pleinement conscience de ses ambitions nationales. Kärcher est en effet une marque de "nettoyeurs à haute pression", comme on dit en allemand, mais aussi le nom d'une honorable famille rhénane, qui s'est rapidement indignée de la récupération de son nom par Sarkozy à des fins "nationalistes" et "contraires aux droits de l'Homme".


L'incident avait été habilement étouffé. Mais c'était sans compter sur la dernière sortie de la porte-parole du candidat UMP, Rachida Dati, qui se voit déjà "ministre de la Rénovation urbaine à coups de Kärcher". Elle le dit dans un entretien réalisé dans le cadre du tournage d'un documentaire. Sur le ton de la blague, certes. Mais pour les Allemands, l'humour français de l'équipe Sarkozy ne passe plus.

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03 avril 2007

Les Allemandes comptent sur les Français


Cela ne fait aucun doute. Parmi les quatre candidats en position d'atteindre le second tour de la présidentielle française, les Allemands ont une nette préférence pour Ségolène Royal. Une tendance qui n'est sans doute pas étrangère à l'image positive d'Angela Merkel, qui avait multiplié les gaffes pendant sa campagne et qui s'illustre désormais avec brio au sommet de l'Etat. En tout cas, il se prennent à imaginer que les Français en décideront de même. Le magazine féministe Emma, une institution qui vient de célébrer son vingtième anniversaire, a fait le choix de mettre la candidate socialiste en couverture de son tout dernier numéro et espère l'élection de celle qu'il considère comme "la favorite de la base" (depuis Raffarin, on traduira plus volontier par "la favorite de la France d'en bas").
Le magazine note qu'elle serait la treizième femme chef d'Etat dans le monde, et publie les portraits de celles qui sont déjà membres du "Club des 12". Ségolène Royal serait également, selon Emma, la première femme ouvertement féministe à diriger un grand pays. En lui consacrant un dossier, la rédaction prend elle aussi ouvertement parti dans le débat français. Là où les journaux féminins français, à défaut de féministes, sont totalement absents. Une lectrice de Libé déplore d'ailleurs dans un courrier publié aujourd'hui ce silence des Cosmo, Elle, Marie Claire et compagnie, qui menace, selon elle, leur crédibilité. "Cette femme de 54 ans qui se présente à la tête de la République française n'était-elle pas celle-là même dont ces types de revues ne cessent de porter le combat depuis des décennies ?", s'interroge-t-elle. Il faut traverser le Rhin pour qu'un média ose le souligner.

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