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05 novembre 2008

Le Mur est tombé


Ce matin, l'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis me rappelle cette phrase qu'il avait prononcée devant nous, Européens, à la Siegessäule (la "colonne de la Victoire"!) à Berlin : "Les murs ne peuvent plus tenir", avait-il affirmé. C'était il y a quatre mois, presque jour pour jour. La métaphore semblait facile, entendue. Il l'appliquait aux Etats-Unis et à l'Europe, "les races, les tribus, les autochtones, les immigrants", les religions aussi. Hier soir, après l'annonce de son élection, il l'a étendue à l'ensemble du monde. Les Murs sont tombés. C'est historique. C'est une émotion infinie que de figurer le souffle d'espoir qui parcourt ce matin la surface de la planète.
Paradoxalement, l'Allemagne est, en Europe, le pays que cette élection touchera le moins. D'abord parce qu'il est celui qui, sous l'ère Bush, était le plus proche de l'administration américaine. Depuis son élection à la chancellerie, Angela Merkel s'était efforcée de rétablir le dialogue. Elle était devenue l'interlocutrice privilégiée du "président le plus mauvais de l'histoire des Etats-Unis" (selon les Allemands, d'après un sondage réalisé en août). Pour preuve : W a choisi l'Allemagne comme première étape de sa tournée d'adieu en Europe. Difficile pour l'Allemagne d'approfondir encore davantage un dialogue avec les Etats-Unis déjà très intense.
La première question en Allemagne, c'est finalement de savoir si le dialogue Allemagne/Etats-Unis ne souffrira pas du changement de président. Sur ce plan-là, Angela Merkel a montré ces derniers mois qu'elle pensait souvent à sa réélection l'an prochain. Et l'élection d'un John McCain, conservateur comme elle, aurait mieux fait son affaire. Plutôt qu'un Barack Obama, qui prépare le terrain du changement, ce qui pourrait lui coûter la majorité. La prudence (exagérée?) de la chancelière allemande avait provoqué un incident diplomatique sur le lieu de son discours à Berlin. Angela Merkel s'était en effet opposée à ce qu'Obama s'exprime depuis la porte de Brandebourg, sous prétexte que le lieu hautement symbolique était réservé aux présidents élus. Obama se souviendra-t-il de ce bâton dans les roues lorsqu'il s'agira d'ouvrir le dialogue avec l'Europe ?
Une chose est certaine : Angela Merkel ne pourra pas se priver d'un allié aussi populaire que Barack Obama (plus de 200.000 spectateurs à son discours de Berlin en juillet et 62% des Allemands en sa faveur) pour gagner l'an prochain la campagne des images. La nuit dernière, le Mur est tombé. Elle devra en prendre la mesure.

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19 octobre 2008

Chronique d'un nouveau désordre mondial

La crise, la crise, et encore... la crise ! Ce mois-ci, tous les médias ne jurent que par ce thème-là. Et de Wall Street à Francfort, voici un documentaire qui m'a emmené sur les traces de la crise financière en Allemagne, pour la décrypter en profondeur avec l'équipe de Tandem Production et de CAPA. Le 22 octobre à 21H, sur Arte.

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30 août 2008

La vérité toute nue

Je ne m'attendais pas à ce qu'une de mes chroniques suscite autant de réactions. Le petit écho de Berlin que je rédige tous les mois dans le magazine biculturel PARISBERLIN me vaut, pour l'édition de septembre, une multitude d'e-mails et de réactions diverses. Des personnes qui me font part de leur expérience concordante, et d'autres qui m'expliquent qu'elles ne sont pas tout à fait d'accord avec mon point de vue. Le thème que j'ai choisi est en effet assez populaire, et sujet de désaccord entre Français et Allemands: la nudité. J'y fait part de l'expérience d'une amie française à la piscine, ici à Berlin, où on se douche tout nu (c'est obligatoire) et tous ensemble. L'histoire que je raconte dans le PARISBERLIN de ce mois-ci a apparemment déclenché un mini-débat. Mon reportage sur le phénomène FKK (la "culture du corps libre") qui oppose Polonais et Allemands sur l'île d'Usedom avait déjà suscité pas mal de réactions (pas toutes très constructives, il faut le remarquer) dans Libération: "Des Allemands à poil hérissent la Pologne". Même si cela paraît un peu léger, la nudité reste un thème intéressant de reportages ici en Allemagne. Parce qu'elle n'est pas d'emblée associée au sexe, comme c'est souvent le cas en France par exemple.

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30 avril 2008

Merkel récompensée par... Sarkozy

Le président français sera demain, jeudi 1er mai, en Allemagne... pour remettre un prix à Angela Merkel. Il s'agit du Prix Charlemagne, qui récompense chaque année (toujours à Aix-la-Chapelle, alias Aachen en version originale) une personnalité qui s'est particulièrement illustrée pour sa contribution à l'unification européenne. Mais Sarkozy qui remet un prix à Merkel, c'est un peu bizarre, non?

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25 avril 2008

Le "traité de Berlin"

Souvenons-nous. En 2005, l'Union européenne est dans l'impasse. Deux Etats fondateurs, la France et les Pays-Bas, ont répondu "non", par voie référendaire, au traité instituant une Constitution pour l'Europe. La France, vue de l'extérieure, fait figure de vilain petit canard. Elle est la rebelle de la construction européenne.
Vient après la présidence allemande du Conseil de l'UE, et Angela Merkel, forte de son charisme et de sa crédibilité aux yeux du monde et de ses partenaires européens, qui rame pour ramener le navire Europe dans le sens du courant. Et qui s'efforce d'envoyer une bouée de sauvetage aux Hollandais et aux Français, pour leur permettre tant bien que mal de remonter sur le pont. Merkel décroche, pour le 50e anniversaire des traités de Rome, une signature des 27 Etats-membres à la Déclaration de Berlin, qui s'engage sur la voie d'une modernisation des institutions.
L'Europe, grâce à Merkel et à l'Allemagne, se redresse enfin de l'échec du projet constitutionnel. La chancelière allemande a permis la naissance de ce qui est devenu le traité de Lisbonne (la "constitution européenne version light").
C'est vrai, Nicolas Sarkozy avait préparé l'opinion française à l'éventualité d'adopter une partie de la Constitution européenne.
Mais le travail de persuasion, les discussions avec les partenaires, c'est l'Allemagne qui les a menés. Alors, quand Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères au gouvernement Fillon/Sarkozy, s'exprime à Berlin sur ce sujet, je me dis qu'il est le champion de la diplomatie:
"Je ne remercierai jamais assez Madame Angela Merkel et Monsieur Franck-Walter Steinmeier", dit-il, "qui ont pris ce projet venu de France, pour en faire une réalité". Tout en lançant, en apparence, des fleurs à la chancelière et à son homologue allemand, il souligne encore davantage l'origine française de l'idée.
Comme Nicolas Sarkozy avait pour la première fois parlé du "mini-traité" (rebaptisé depuis "traité simplifié" pour faire moins péjoratif) lors de son passage à Berlin en 2006, je me dis que finalement le traité de Lisbonne pourrait légitimement être renommé "traité de Berlin".

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23 avril 2008

L'avez-vous reconnu ?


Sur la couverture du Zitty de cette semaine (le "Pariscope" de Berlin), l'avez-vous reconnu ?

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01 avril 2008

Le couple Carla Bruni-Franck Ribéry: exclusif sur ZDF

Pour le premier avril! La chaîne publique allemande n'a pas dérogé à la règle du "poisson", ce 1er avril, en diffusant un reportage exclusif sur Franck Ribéry qui jouera désormais avec la Mannschaft allemande, et non plus aux côtés des Bleus! La raison : le président Nicolas Sarkozy a très mal pris la publication d'une photo de Carla Bruni et du footballeur, un peu trop proches, et la révélation par la presse que la nouvelle Première Dame de France avait passé une nuit avec Ribéry dans un hôtel parisien. De rage, il lui a retiré la nationalité française, explique la chaîne de télé allemande. Et l'Allemagne se réjouit évidemment de le compter désormais dans les rangs de son équipe.
Un poisson assez osé, pour la ZDF, qui démontre en tout cas ce mélange d'affection et d'agacement qu'éprouvent les Allemands pour leurs voisins d'outre-Rhin, en ce moment. Les histoires de cœurs de celui qu'ils surnomment "Sarkoléon" les ont tellement surpris, après avoir été habitués à la discrétion la plus totale de la part des présidents français sur leur vie privée, qu'ils sont désormais prêts à tout entendre. Et à tout croire?

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